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LE BARBIER DE SÉVILLE – RETROUVEZ LE CHARME DE L’ESPAGNE AFIN DE CÉLÉBRER L’ARRIVÉE DE LA BELLE SAISON

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L’ambiance était fébrile, samedi dernier, au Grand Théâtre de Québec : les artistes et l’équipe de l’Opéra de Québec étaient réunis afin de capter notre prochaine production, Le Barbier de Séville de Gioachino Rossini. Quoi de plus à propos que cette œuvre au caractère pétillant afin de saluer l’arrivée du printemps et chasser définitivement la grisaille hivernale. Inspiré par les paysages ensoleillés de Séville et l’atmosphère langoureuse de l’Espagne, plongez dans ce chef-d’œuvre intemporel du maitre italien de l’humour et des situations rocambolesques. La mise en espace conçue par Jean-François Lapointe et la scénographie aux tons vifs de Michel Baker donnent du relief à ces personnages hauts en couleur, futés et à l’esprit bouillonnant. Ce spectacle grandiose sera retransmis gratuitement le samedi 29 mars à 15 h, sur le site Web et la chaîne YouTube de l’Opéra de Québec.

 

Malgré une première représentation catastrophique pour l’infortuné Rossini, dès le lendemain, c’est la consécration! (Soirée triomphale, d’ailleurs, à laquelle le compositeur, encore sous le choc de l’échec retentissant de la veille, n’assistera pas). Le succès de cette œuvre qui scella le destin du compositeur ne s’est jamais démenti depuis, et Le Barbier de Séville est aujourd’hui fermement ancré dans la culture populaire : son influence demeure encore bien présente dans nombre de séries télévisées (dans l’épisode « Homer of Seville » des Simpsons, à plusieurs reprises dans Bugs Bunny, ou encore dans l’épisode « The Barber » de Seinfeld); dans diverses annonces publicitaires (Honey Nuts de Cheerios; la FIFA); ou encore au cinéma (Orange mécanique et Mrs. Doubtfire). Qui en effet ne connaît pas la célébrissime « Ouverture », ou encore cet air archi connu du truculent Figaro, l’inoubliable « Largo al factotum », véritable vers d’oreille apprêté à toutes les sauces, mais que l’on écoute et réécoute chaque fois avec le même bonheur? Il n’y a pas à dire, l’opéra n’a rien perdu de sa popularité, bien au contraire! Remarquez que c’est tout à fait dans l’esprit de l’époque de Rossini, alors que le public sortait du théâtre en fredonnant les airs accrocheurs entendus précédemment lors du spectacle.

Le Barbier de Séville démontre également que l’opéra peut être très drôle! Comment ne pas s’esclaffer devant les déboires du pauvre Bartolo, qui malgré toutes ses « précautions » afin de sceller son union avec la séduisante Rosina, voit ses plans contrecarrés de toutes sortes de manières toutes plus abracadabrantes les unes que les autres? Déguisements, intrigues, quiproquos, sous-entendus, malentendus qui se succèdent à une vitesse folle… tout est prévu pour que le spectateur ait à peine le temps de reprendre son souffle entre deux éclats de rire. D’ailleurs Rosina, femme forte et décidée qui sait exactement ce qu’elle veut (et surtout ce qu’elle ne veut pas!) depuis qu’elle a entendu « cette voix il y a peu de temps », est bien loin de l’image que l’on se fait d’une héroïne d’opéra, tragique et vouée à la mort. Elle ne se laisse nullement impressionner par des hommes plus vieux possédant davantage de pouvoir qu’elle! Personnage complexe, elle n’hésite pas à user de ses charmes et à manipuler s’il le faut afin de tourner la situation à son avantage.

Nous avons rencontré certains artistes de cette production, question de s’enquérir de leur préparation et de leur état d’esprit à quelques jours de sa diffusion en ligne. Leur excitation, bonheur et enthousiasme de vous présenter cette œuvre intemporelle étaient indéniables. Il n’y a pas à dire, tous ont très hâte de vous faire rire aux éclats et de partager avec vous ces moments de musique.

D’entrée de jeu, le baryton Hugo Laporte, à qui l’on a confié le rôle de Figaro, se considère très chanceux. Bien que plusieurs de ses contrats aient été annulés, comme ce fut le cas pour plusieurs de ses collègues, il a participé à de nombreux projets au cours de cette pandémie, tant en présentiel qu’en virtuel. Comment se prépare-t-il afin d’aborder un rôle? Il débute toujours à partir du texte : la partition, d’abord, puis le livret. Il travaille ensuite avec sa professeure de chant et un coach vocal. Il aime bien débuter le travail assez tôt en amont, parfois plusieurs mois avant le spectacle, puis laisser mûrir le rôle quelque temps et y revenir deux ou trois mois avant les représentations. Une bonne technique vocale est la clé du succès : « Je n’ai pas besoin d’énormément de temps afin de me mettre un rôle dans la voix. Le travail est vraiment à 80 % sur l’aspect mental : travailler la musique, les intentions. Ensuite, la technique vocale fera le travail : c’est à moi d’entretenir cette technique vocale », déclare-t-il. Et cette technique, la pandémie lui aura permis de la peaufiner : « Puisque je n’avais pas de contrats à venir dans l’immédiat, j’ai pu prendre des risques, essayer des choses qui m’ont rendu vocalement plus fort. Ma technique vocale est encore plus solide qu’avant. » Hugo Laporte estime que Le Barbier de Séville est un opéra idéal pour une version concertante : « La musique du Barbier est tellement colorée! Elle dit déjà beaucoup en elle-même et est très efficace. Prenons comme exemple la sérénade du Comte Almaviva : le public sait que c’est une sérénade, il n’est pas absolument nécessaire qu’il voie le balcon ». Idem pour le trio Rosina / Comte / Figaro, « Zitti, zitti, piano, piano, non facciamo confusione » de l’Acte II : « la musique des divers numéros de l’œuvre veut dire ce que le texte veut dire, le tout est intimement lié », explique-t-il.

La mezzo-soprano Sarah Bissonnette incarne une Rosina idéale : d’ailleurs le public avait pu constater, lors du Gala de la Saint-Valentin le 14 février dernier, sa maîtrise des coloratures dans l’air « Una voce poco fa » du Barbier de Séville, véritable pièce de bravoure qui ne manque pas de susciter admiration et applaudissements nourris. Véritable touche-à-tout, à l’aise dans un vaste répertoire allant de la musique ancienne, aux mélodies impressionnistes, et jusqu’aux opéras du 21e siècle, le défi de chanter Rossini, avec ses vocalises et son énergie débordante, l’interpelle particulièrement. Elle est arrivée à Québec avec beaucoup d’idées en tête afin d’explorer les divers aspects dramatiques de son personnage. Rosina chante considérablement : afin d’apprendre ce rôle de manière efficace, elle procède de manière méthodique. « Je divise le travail à faire, que ce soit sur le plan musical, dramatique ou au niveau du texte. J’aime mémoriser très tôt et je mets souvent ma mémoire au défi. Je travaille aussi avec une coach pour m’accompagner dans le processus », affirme-t-elle. Pour Sarah Bissonnette, la popularité de cette œuvre n’est pas surprenante : « Le Barbier de Séville est très bien écrit, tant sur le plan du livret que musicalement. C’est ce qui assure son succès après toutes ces années. » Gageons que la magie opérera à nouveau cette fois-ci!

Le jeune baryton William Desbiens, qui assumera les rôles de Fiorello et d’un officier, possède déjà une feuille de route impressionnante. Après 4 années passées à New York à se perfectionner auprès d’Arthur Levy à la Mannes School of Music, il est de retour au Québec avant de s’envoler cet automne pour Florence, où il résidera un an dans le cadre du programme de perfectionnement Mascarade Opera Studio. Pour lui, tout comme pour Hugo Laporte, la pandémie fit en sorte qu’il eut davantage de temps afin de peaufiner sa technique vocale. Et comment aborde-t-il un nouveau rôle? « De manière générale, le jour même où un rôle m’est offert, je regarde immédiatement la partition afin d’évaluer son ampleur et m’assurer que sa tessiture convienne à ma voix. Ensuite, je lis le livret afin de me familiariser avec le personnage, ce qui me guide beaucoup sur son interprétation. Finalement, je récite le texte et le traduit si nécessaire. Une fois que le texte m’est familier, j’apprends et je mémorise les notes et les rythmes. C’est important pour moi de penser à plusieurs façons d’interpréter un rôle d’un point de vue psychologique ». Sa préparation n’a pas beaucoup changé malgré le format concertant : « Il faudra tout simplement penser à rendre le message plus simple et plus clair », affirme-t-il, notamment en s’appuyant davantage sur la gestuelle afin de signifier l’identité du personnage.

 

 

 

DISTRIBUTION

Figaro : Hugo Laporte
Rosina : Sarah Bissonnette
Comte Almaviva : Andrew Haji
Bartolo : Doug MacNaughton
Basilio : Alain Coulombe
Berta : Chantal Parent
Fiorello et un officier : William Desbiens

Jean-Michel Malouf, direction musicale
Orchestre symphonique de Québec
Chœur de l’Opéra de Québec

Bertrand Alain, narrateur
Anne-Marie Bernard, clavecin et continuo

Jean-François Lapointe, conception scénique et mise en espace
Michel Baker, scénographie

Date : samedi, 29 mai 2021
Heure : 15 h
Diffusion : notre site web ou notre chaîne YouTube.
Coût : sans frais

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PHOTOS : Louise Leblanc
Grand Théâtre de Québec, 22 mai 2021